juin 06

La Pura Vida sur la péninsule de Nicoya

Avec ces deux occasions un peu moins folles que prévues, cette partie restera le ventre mou de notre voyage. On ne s’attarde pas. Nous traçons vers la péninsule de Nicoya située au nord-ouest du pays. Compte-tenu du peu de jours sur le territoire, nous avons décidé de privilégier la côte pacifique au détriment de la côte caraïbe. Sans regrets. Les vacances dans les vacances. Voilà l’idée de nos trois jours passés à se la couler très douce dans l’hôtel 4 étoiles Bahia del Sol à Potrero. Trois jours à se faire littéralement griller au soleil, à se gaver la panse et à siroter du Cuba libre dans ce bar mythique collé à la piscine dont l’eau atteint la température de celle d’un jacuzzi. Pura vida ! Et purement à la cool !

De nombreuses frégates et pélicans parcourent le front de mer en quête de nourriture et effectuent des plongées sportives pour choper du petit poisson, le tout sous la lueur flamboyante du soleil partant rapidement se coucher à l’horizon.Un pélican passe..

L’endroit est l’occasion propice à redécouvrir les joies de la plongée sous-marine. Une petite remise à niveau et me voilà parti pour une double plongée marquée par l’alternance de courants froids et chauds imprévisibles et la présence de nombreuses espèces tropicales parmi lesquelles des raies, des poissons-trompette ainsi que des murènes colorées de jaune et de blanc. Quelques dauphins viennent pointer le bout de leur nez dans une course rapide avec le bateau de pêche que nous avons emprunté pour l’occasion. Pas de photos malheureusement car beaucoup trop rapides.

On enquille une grosse soirée dans la ville de Tamarindo. Vodka Energiser en main, on se laisse tenter par une soirée electro intimiste en plein air plutôt que par le gros sport bar à ricains aux accents R’n’B. Burgers salvateurs et propositions indécentes auront marqué cette soirée tout en légèreté.

Pour nos derniers jours, on improvise pour Montezuma, village zen et babacool de la côte Est de la péninsule. Les pistes pour s’y rendre sont poussiéreuses. Il fait très chaud. La nature, aux allures de savane, est grillée par le soleil. La climatisation fonctionne à plein régime. 

A la pointe sud-est, se trouve le parc de Cabo Blanco, le plus ancien des parcs protégés du Costarica. Petit mais concentré, il nous permet une nouvelle fois de goûter à l’observation de nouvelles espèces sur un chemin escarpé sans guide et sans le brouhaha humain. Les oiseaux y sont à l’honneur. Nous rencontrons cinq espèces différentes et singulières parmi lesquelles le woodpecker sautillant à la verticale sur son tronc, le Manakin composant notamment un chant proche de la grenouille, le grand héron bleu venu s’abreuver dans un cours d’eau, le Trogon au ventre jaune et l’énorme Curassow fouillant à travers les feuilles sèches de la jungle.Un oiseau à cul jaune

L’homme est bien le seul  animal que l’on ne souhaite pas rencontrer. A l’aller, seul un couple de ricains n’a pas compris qu’il fallait se la jouer discret si l’on voulait garder une chance d’observer des animaux. La ballade sportive nous donne cette chance de voir et d’entendre le singe-hurleur dont les cris rauques et profonds s’échangent entre des mâles aux énormes boules.

Un singe hurleur

Deux cerfs et une famille de coatis font également leurs apparitions. Ces derniers, assez peu craintifs, gardent tout de même un oeil logiquement attentif sur notre espèce humaine aux tendances dévastatrices.Un coatis observant de loin

Au bout du chemin, une autre récompense vient. Nous arrivons à la pointe du Cabo Blanco sur une plage immaculée aux eaux nuancées de bleu et de turquoise. Bonheur !

Magic swim !

Sur le retour, le rare Tatou enfoui sous les feuilles s’enfuit à notre approche, nous laissant peu de temps pour capter ce moment privilégié.

Un tatou craintif

On ressort de là avec une fatigue saine qu’on s’empresse de compenser avec du calamar fris et du poisson grillé à la plancha qui tombent à point nommé. Langouste fraîche au barbecue le soir, ambiance zen, achat de bracelet de blaireau en peau de serpent viennent ponctuer cette journée sensiblement parfaite. Ajoutons à cela des verres en plus avec quelques vieux briscard du coin et on n’est pas si mal.Les champions

En revanche, la découverte de la beuh locale vient réellement ponctuer notre séjour à Montezuma. Badaboum ! Dom aura vécu une expérience plus douloureuse à extirper de son corps que ce poison ingurgité par les voies aériennes. Nos vacances s’achèvent. Encore une dernière ballade dans la réserve de Curú pour éventuellement apercevoir le grand absent de nos vacances et haut symbole du Costa Rica : le paresseux. Malheureusement, nous ne l’aurons pas vu mais deux nouvelles espèces nous font le plaisir de se montrer parmi lesquelles le raton-laveur et un iguane à crête tout juste sorti du crétacé.A l'affûtUn lointain descendant du Stégosaure

Le ferry pour rejoindre la côte du continent nous attend. Dernier coucher de soleil en Amérique Centrale.

Dernier coucher de soleil

Première fois pour nous dans cette partie du monde et certainement pas la dernière. Il est temps de rentrer dans notre chère ville de Paris.

juin 06

En vitesse du Rio Pacuare à Monteverde

Pour plus de confort et avoir la possibilité d’improviser librement, on décide de se louer un 4*4 pour le reste du voyage. Un bon Crossover Kia qui est à l’automobile ce que Dia est à la grande distribution. C’est bien mais pas top.Best car ever

On rejoint la ville de Turialba, point de départ pour les sessions de rafting sur le Rio Pacuare, rivière de renommée mondiale pour cette discipline. Sur place, on tombe sur deux énormes boulets alsaciens passionnés de graines et de semences, nous aspirant dans les ténèbres de leurs monologues insipides et que nous fuyons péniblement pour ne pas étouffer. Le rafting s’avère moins excitant que prévu mais cool quand même car l’eau est à son plus bas niveau, la saison sèche touchant à son terme. Les murs végétaux de plusieurs dizaines de mètres de la jungle environnante et les burritos préparés fraîchement à la pause viennent rehaussés le niveau du trip.

Nous ne passons qu’une nuit à Turrialba avant de reprendre la route pour Monteverde. Entre l’hôtel-prison interamericano barricadé et sa chambre sommaire, les squatteurs et jeunes taxeurs de tunes et de clopes, la bouffe pseudo-chimique et l’ambiance oppressante de la ville, tout concoure à nous donner envie de fuir cet endroit de mierda.

Au rythme lent des conducteurs costaricains, nous repartons pour une escale de nuit à San Jose. Des distances pourtant relativement courtes nous prennent un temps important. Ces quelques jours passés ont eu raison de notre peau de frenchie. Le soleil des tropiques a fait son effet. On représente la France à l’étranger.
Dom le français

En vitesse, on enchaîne sur une nouvelle destination : Monteverde, connue pour ses tyroliennes les plus grandes d’Amérique latine. Dans ce parc d’attractions saturé plus de ricains que de costaricains, on s’initie au vol suspendu sur des distances de près de 2km. Dans mon cas, la vaste blague du 1er avril aura été de rester bloqué au milieu du cable à 200 mètres au-dessus du vide. Expérience légèrement traumatisante. Dom tentera le saut final de Tarzan avec une expression venue du fond de ses tripes. L’animal a repris le dessus et appelle à lui la gazelle.

 Le Tarzan de Dom

On évite la photo à 20$ et le shop à peluches de cette usine à touristes. On ne tentera même pas la ballade balisée dans le parc. Les Tequila arrangées maison et l’attrait du Cuba libre ont eu raison de notre volonté. En même temps, nous étions loin d’être prêts à suivre ce circuit touristique plus proche du zoo que de la jungle préservée.

juin 06

Déconnexion au Corcovado

Vendredi 25 mars. Décollage pour le Costa Rica. Dom et moi venons tout juste de basculer vers un âge désormais plus proche de la quarantaine. On se paye un cadeau à la hauteur. Direction l’Amérique centrale. C’est dans le terminal 2E de Roissy récemment rénové pour cause d’effondrement que nous patientons pour un premier vol pour le Panama. La passagère se signe de la croix au moment du décollage. Tout se passera bien. On va pouvoir se déconnecter un temps de la vie parisienne.

Décollage pour le Costa Rica!

Après une escale rapidement expédiée dû à un léger retard, nous arrivons dans la capitale San José où une fouille ciblée nous attend. Contrôle des papiers, détecteurs de traces de cocaïne et autres fruits à coques sur la personne de Domenico « El Chapo » Emmanual. La première nuit sera courte. Nous commençons notre lune de miel dans un bon lit deux places.

Première nuit

La première partie du voyage se déroule sur la péninsule de Osa située au sud-ouest du pays. Pour s’y rendre, on garde le même moyen de transport mais on change de catégorie. La pesée des passagers à l’enregistrement laisse présager une traversée dans un avion de haute voltige. Une hélice, douze places dans cabine non pressurisée et de bonnes sensations à basse altitude.

Un coucou du Corcovado

Bienvenidos a Puerto Jimenez. Ces mots avenants sont étonnamment placardés sur le mur d’enceinte du cimetière jouxtant la piste d’atterissage. A la descente, que calor!  41 degrés et une température qui semble grimper d’année en année comme semble s’en inquiéter Mark, notre hôte américain installé ici depuis 22 ans. Pas cons, on attend le pic de chaleur pour aller visiter le coin en vélo. Notre première rencontre avec la vie sauvage du pays se déroule face à un groupe de capucins à tête blanche bien actifs pour certains et un peu moins pour d’autres.

Un capucin léthargique

On se dirige vers la playa Preciosa située à 5km de la ville. Sous ce cagnard, on cuit littéralement et ce n’est pas l’océan qui viendra nous rafraîchir. On ne croit pas s’être jamais baignés dans une eau aussi chaude. On remet ça le lendemain au petit matin. Après s’être logiquement mis de la crème solaire dès 6h30, on part chiller dans les eaux calmes du Golfe Dulce. Activement posés en position de la planche, un vol majestueux d’un couple fidèle de aras rouges vient nous extraire de notre torpeur.

Un ara rouge

Il est temps d’entrer dans le vif du sujet et de rejoindre le parc national du Corcovado abritant près de 2.5% de la biodiversité mondiale. On prend la route dans un bus collectif pour rejoindre Carate située plus au sud. Deux heures sur une piste cahoteuse et à l’arrivée un spectacle incroyable. Une longue plage de sable gris comprimée entre les rouleaux de l’océan pacifique et la jungle qui la borde. Une eau de coco fraîche ingurgitée et nous voilà requinquer pour rejoindre un ecolodge à La Leona, point de départ de notre trek dans le parc.

A contre-jour sur la playa Carate

L’endroit est royal. Impérial même. Du nom de la bière locale qui est aussi impériale que la Kro mais qui a la vertu d’être une vraie boisson de soif sous cette chaleur étouffante.

Ce gros chilleur de Dom

La journée se conclut tranquillement par un Cuba libre à base de rhum du Nicaragua. Un iguane apathique venu lézarder au crépuscule vient symboliser la quiétude des lieux, se laissant étonnamment aller à recevoir le reflux des vagues sans sourciller.L'iguane qui chillait aussi

Nous sommes le lundi de Pâques. Réveil aux aurores. En attente du départ pour la marche, deux dauphins se débattent au loin. A côté de nous, l’insaisissable colibri vient butiner les hibiscus rouges du jardin de cet ecolodge planté au milieu de nulle part.Dur à choper ce colibri

Le trek commence en compagnie de Jim, jeune étudiant spécialisé dans les insectes et les papillons. La marche se déroule dans une forêt secondaire car déjà exploitée une première fois par l’homme pour l’or qui se trouvait présent dans la région. Des traces de l’activité humaine subsistent encore mais se dégradent et se fondent petit à petit dans le paysage naturel.

La plage de dingue du Corcovado

Un grand nombre d’animaux se met en scène ce jour-là. Le supposé très rare écureuil Alparrot du nom du grand-père botaniste de notre guide se laisse entrevoir à travailler ses chicots. Le singe-araignée, plus grand singe du Costa Rica, est la seconde espèce de primate que nous observons. L’absence de pouce, la présence de huits doigts au total et des positions aux formes arachnéennes lui confèrent ce nom scientifique particulièrement technique.Le singe-araignée

Vient ensuite le fourmilier, pas farouche, qui ne prête guère attention à notre présence et semble ne se soucier que de sa dégustation de termites.

Le fourmilier très tranquille

Les chauve-souris nocturnes dorment à l’abri de feuilles de palmiers éparses en forme de parasol. Elles ne s’éloignent jamais très loin de leur habitat et s’y retrouvent chaque matin.

Un couple de chauve-souris

En plus des coatis déjà observés aux gigantesques chutes d’Iguazu, le clou du spectacle arrive avec l’observation du tapir tapis au milieu d’une eau saumâtre afin de se protéger de la fournaise. Une dernière détente dans une rivière fraîche en compagnie de aras qui rient au-dessus de nos têtes et nous voilà rentrés au bercail.

Un tapis tapi dans l'ombre

Pour notre dernier jour sur la péninsule, nous partons rejoindre Marcelo, un guide spécialiste des amphibiens et des serpents. Nous rejoignons le village La Tarde en 4*4 et essuyons ce qui seront les seules et uniques 10 minutes de pluie de notre voyage. A l’arrivée, un jeune léopard des montagnes squatte gentiment les lieux et saoule un peu son monde.

Un léopard des montagnes quasi apprivoisé

Ce second trek se déroule cette fois-ci dans la forêt primaire (ou forêt vierge) et d’autres espèces font alors surface en cette fin de journée. Marcelo a l’oeil pour repérer trois des quatres espèces de grenouilles vénéneuses du Corcovado, un serpent, des iguanes (dont le jesus-christ qui marche sur l’eau) sans compter la myriade d’oiseaux du coin dont un Toucan brassant fortement l’air au-dessus de nos têtes.

Un lézard bien camouflé Près de l'objectif Où est Charlie ? A l'abri des cons

Fier aigle du Corcovado

 

 

 

 

 

 

Il nous apprend à se servir de nos oreilles pour capter de nouvelles fréquences et s’apercevoir concrètement du fourmillement de vie qui existe dans la jungle. Cette journée dans la forêt primaire nous permet également d’éviter le soleil car on est déjà bien roses comme des saumons. On préfère se garder une marge avant d’attaquer le mélanome. La première partie de nos vacances s’achève. Nous allons reprendre un vol pour San Jose où nous attend une voiture de location.

En attendant, nous terminons une dernière soirée au mythique restaurant Il Giardino à consommer litres de Chardonnay et Spaghetti à la vongole sur une table de lovers face à l’océan. Histoire de commencer à ressentir les bienfaits de la Pura Vida…

jan 06

De retour à Paris

Nous ne passons ni Noël ni nouvel an dans la ville bohème de Valparaiso. Encore une affirmation destinée à brouiller les pistes. D’ailleurs, depuis un an, avons-nous seulement voyagé au milieu de toutes ces merveilles ? En réalité, nous étions planqués en France, rêvant notre vie et ce grand voyage, alimentant notre connaissance des pays à l’aide des guides du Routard et du Lonely Planet, devenant des experts de Photoshop et de la recherche sur Google Images. Tout cela n’était hélas que pure illusion.
ValparaisoAlors, nous rêvons une dernière fois une ballade dans la ville chilienne de Valparaiso, une flânerie dans les ruelles de ce port entouré de collines recouvertes de maisons colorées faisant face à l’océan Pacifique.
Promenade dans les ruelles de ValparaisoNotre imagination nous a emmené à errer de l’Asie jusqu’en Amérique, à découvrir nombre des couleurs de ce monde, tout cela sans bouger nos corps de ce confortable canapé Ikea. Et puisque pendant un an, nous avons eu tout le temps de raconter n’importe quoi, de dire que nous avions notamment…

Été immergés dans la vie rurale cambodgienne grâce à notre ami imaginaire Aymeric,

Découvert les fabuleux temples d’Angkor,

Fait l’apprentissage de la moto sur les pistes accidentées du plateau des Boloven au Laos,

Survolé la jungle laotienne sur des tyroliennes longues de plusieurs centaines de mètres,

Enrichi notre plaisir de plonger en Thaïlande et effectué une cinquantaine de plongées tout au long de notre parcours,

Parcouru la jungle de Sumatra en compagnie d’un authentique Tarzan Indonésien à la recherche des orangs-outangs et des gibbons,

Découvert la ville de Banda Aceh remise sur pied après le tsunami dévastateur de 2004,

Pris un bain relaxant dans la piscine à débordement surélevée de l’hôtel le plus mythique de Singapour,

Été surpris par une éclipse de soleil le matin d’une ascension éprouvante au sommet du volcan Gunung Rinjani,

Côtoyé les petits lézards inoffensifs de Komodo,

Plongé en compagnie de planantes raies Manta,

Admiré les couleurs changeantes et surréalistes des lacs de cratère du Kelimutu,

Chassé le dauphin en compagnie des pêcheurs du village baleinier de Lamalera,

Eu très chaud au cœur du volcan sulfureux du Kawah Ijen,

Fêté nos 4 ans au pied des saisissantes tours Pétronas de Kuala Lumpur,

Retrouvé nos forces en Nouvelle-Calédonie avec les parents de Marie,

Été émerveillés face aux paysages magnifiques de l’île des pins et d’Ouvéa,

Trinqué au champagne au pied du célèbre opéra de Sydney,

Ressenti la grandeur de la fabuleuse ville de New-York,

Effectué un road-trip légendaire de Washington à San Francisco,

Survolé en hélicoptère le gigantesque Grand Canyon en compagnie de notre autre ami imaginaire Julia,

Nagé avec des otaries, des tortues et des iguanes aux Galapagos,

Senti le temps se suspendre face aux mythiques statues de l’île de pâques,

Descendu dans les profondeurs de la montagne d’argent de Potosi,

Grimpé jusqu’à 5150 mètres pour mieux apprécier l’étendue du Salar d’Uyuni,

Halluciné face aux lagunes irréelles du Sud-Lipez en Bolivie,

Été allégé de toutes nos affaires en Argentine,

Perçu le rugissement assourdissant des chutes d’iguazu,

Perdu une partie de notre santé lors de nuits blanches à Buenos Aires,

Découvert la nature changeante de la Patagonie lors du mythique trek de Torres del Paine,

Et foulé le continent oublié de  l’Antarctique lors d’une croisière inoubliable…

… Nous pouvons maintenant ajouter à cela une dernière touche de poésie à ce long voyage en allant visiter la maison du grand poète chilien Pablo Neruda…

La maison de Pablo Neruda… mais en citant une bribe d’un poème qui ne lui appartiendrait pas :

« Il meurt lentement celui qui ne voyage pas, celui qui ne lit pas, celui qui n’écoute pas de musique, celui qui ne sait trouver grâce à ses yeux…

… Vis maintenant ! Risque-toi aujourd’hui ! Agis tout de suite ! Ne te laisse pas mourir lentement ! Ne te prive pas d’être heureux ! »

L’aventure touche à sa fin. Plus ou moins conscient que cela se termine, nous rentrons le cœur léger avec plein de projets en tête. Quelques sushis partagés lors d’un tête-à-tête à Santiago et nous reprenons la route des airs pour rejoindre l’Europe. Nous inventons une dernière attente interminable sur le sol de l’aéroport de Madrid avant de retrouver Paris.

Un dernier squat dans l'aéroport de Madrid

Le commandant de bord nous cite Saint-Exupéry pour évoquer le soleil couchant qui se profile à l’horizon. Une dernière lueur qui illustre assez simplement la fin de notre trip autour du monde.

Le vol de retour depuis MadridParis nous accueille de toute sa lumière. Le phare de son symbole nous montre la voie de la piste d’atterrissage. On se réveille doucement de ces 11 mois de rêverie avec l’impression bizarre de n’être jamais vraiment partis.
Paris by night and by airLe retour à la réalité et l’éveil de notre torpeur annuelle sont atténués par une transition douce marquée par les retrouvailles de la famille, les plaisirs et le gavage de fin d’année ainsi que l’explosion de joie à revoir les potes coiffés de magnifiques bonnets de père Noël.

Le vrai retour à la réalité se profile cependant. Recherche d’appartement, emménagement, reprise du travail, joies du métro, achat de labrador, abonnement freebox et autres joies du monde moderne. Ce voyage était une illusion, le véritable bonheur n’attend que nous…

déc 24

Dans la région des lacs chiliens

Retour à Ushuaia. Retour en Amérique latine. L’Antarctique était mythique. Mais il est temps de repartir. Nous ne restons qu’une journée en terre de feu avant de reprendre la route pour le Chili, destination finale de notre trip autour du monde.

Nous remontons jusqu’à Punta Arenas où un avion nous attend pour la ville de Puerto Montt située au sud de la région des lacs chiliens. On choisit de privilégier l’avion qui nous évite trois jours de remontée laborieuse en bus d’autant que les tarifs restent équivalents quels que soit le moyen de transport.

La chance nous sourit depuis le début, on se risque donc à prendre les airs un vendredi 13 à 13h. Comme le disait si bien le grand et adulé Raymond Domenech, nous ne sommes pas superstitieux, ça porte malheur.

Nous arrivons sains et saufs comme prévu, prolongeons jusqu’à Puerto Varas et finissons la journée face à une pièce de bœuf fondante qui n’a rien à envier à ses compagnes argentines.

Réputé pour être le plus beau de la région, le lac Todos Los Santos est le premier que nous découvrons et le seul qui montre plusieurs visages à mesure que nous remontons vers l’Est et la frontière argentine.

Le volcan Osorno

Dominé par le volcan Osorno, il démarre sur un bleu marine classique avant de s’éclaircir et de finir par prendre un ton de vert inexplicable qui nous donne plus l’impression de faire un tour de bateau autour d’une île d’Asie du Sud-Est que sur un lac de montagne.

Le lac Todos Los Santos

Avant de reprendre le chemin du retour, nous passons du temps dans la ville de Peulla. Il paraît que la région serait un mélange de paysages suisses couplés avec de l’architecture autrichienne ou allemande. Ça tombe bien, on ne connait aucun de ces pays. La ville de Puerto Varas s’est d’ailleurs bâtie avec l’arrivée de colons allemands au 19ème siècle. A quelques encablures de là, de l’autre côté de la frontière, dans la ville argentine de Bariloche, d’autres allemands, au doux passé hitlérien, auraient pris le relais pour du repos et des vacances bien méritées après la seconde guerre mondiale. Un SS y tenait une épicerie et le boucher d’Auschwitz, à défaut d’y ouvrir une charcuterie, trouva le temps d’y passer son permis de conduire.

Pour élever le niveau, nous souhaitons faire l’ascension de l’un des nombreux volcans actifs du coin. Ce n’est pas l’Osorno mais son jumeau Villarica que nous choisissons. Direction donc la station balnéaire de Pucón pour entamer cette grimpette et profiter par la même des parcs naturels environnants.

Le matin de l’ascension, chargés comme des mulets et chaussés avec des quasi-pompes de ski, on se retrouve face aux 1400 mètres de dénivelé qui nous attendent. On peut continuer et manger les 5h30 de montée ou bien rebrousser chemin et ne pas payer la prestation des guides qui nous emmènent. Et c’est bien la première fois qu’on ne sent pas le coup et qu’on se débine face à ce qui sentait la lutte la plus complète .
Du coup, retour en ville avec Jacques et Magalie, un couple de Nouvelle-Calédonie avec qui nous passons finalement une journée magnifique en VTT jusqu’à ces chutes de Ojos de Caburga. Une nouvelle fois, un lieu qui nous remémore l’Asie et plus particulièrement le Laos à l’exception qu’une vague de fraîcheur nous envahit à son approche.

Los Ojos de Caburga

Cette région des lacs paraît de temps à autre comme un savant mélange de plusieurs endroits. L’été arrive au Chili et on retrouve des parfums du sud de la France, des paysages de campagne toulousaine et plus étonnamment des ambiances asiatiques. Les néo-calédoniens y voient même beaucoup de similitudes avec la Nouvelle-Zélande.

L’idée de l’ascension du volcan étant abandonnée, on se dirige maintenant vers le parc national de Huerquehue pour une grosse journée de randonnée sur le sentier des lacs. Des points de vue magnifiques et une flore originale forment la recette de ce trek réussi.

Dans le parc de Huerquehue

Ce n’est que le deuxième parc que nous découvrons au Chili mais c’est à chaque fois une expérience unique. L’abondance et la variété de fleurs donnerait presque envie de colchique dans les prés. On croise bon nombre de lézards aux reflets bleutés avant de se trouver un endroit au calme pour pique-niquer face à la lagune Toro bordée d’araucarias, un arbre qui existait déjà à l’époque des dinosaures.

Vue sur la lagune Toro

On pourrait passer deux semaines dans ce coin qui offre un large choix de treks et d’activités sportives. C’est d’ailleurs l’une des destinations phares pour les chiliens qui viennent s’y ressourcer lors de leurs vacances.

On y reste en tout cas suffisamment pour profiter de bons bains de soleil avant l’inévitable retour dans le froid hivernal de l’hémisphère nord.

Petit farniente sur la plage de Púcon

Sentant la fin arriver à grands pas, on recharge nos batteries aux UV avant de se diriger maintenant vers la ville de Valparaiso où nous comptons passer les fêtes de Noël et de nouvel an. Hors de France, sans la famille ni les potes, c’est une première pour nous.

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